26.04.2006
Pour la 20ème édition des MOLIERES, un Palmarès 2006 sans légende
Cependant si un mois plus tôt, la liste des nominations avait pu en effet apparaître assez représentative de la saison théâtrale 2005-06, le palmarès donne l’impression au final d’une distribution certes plus étale qu’à l’accoutumée mais surtout assez maladroite en n’ayant pas su ou voulu arbitrer entre les très grands noms à l’affiche.
A l’exception de Judith Magre qui emporte de manière conséquente le Molière de "Comédienne" ainsi que de Danièle Lebrun et Roger Dumas, ceux des "seconds rôles", comment ne pas être surpris dès l’ouverture des récompenses qu’entre Niels Arestrup, Michel Piccoli, Claude Rich, Philippe Torreton, Jean-Louis Trintignant, ce fut un candidat outsider qui les ait départagés d’emblée ?
Certes, c’est le mérite estimable de Jacques Sereys que d’avoir obtenu ce prix pour "Du côté de chez Proust" mais ce n’est peut-être pas celui d’une compétition assumée dans toutes ses implications.
Ensuite, il y eut le fameux OTNI (objet théâtral non identifié) "La symphonie du hanneton" qui décrocha le "Grand Schlem" avec quatre Molières pour quatre nominations, c’est du rarement vu !... Rappelons qu'à la suite de son succès au Théâtre de la Ville en 2003, ce spectacle s’est joué durant un mois au théâtre du Rond-Point du 17 mai au 18 juin 2005 dans une discrétion critique relative mais de toutes évidences favorable.
En décrochant la "mise en scène", la "révélation ex aequo", les "costumes" et le "théâtre public", James Thiérrée petit-fils de Charlie Chaplin a monopolisé de fait dans la surprise générale, mais espérons-le à juste titre, les valeurs emblématiques de cette cérémonie.
Seul allait encore pouvoir émerger avec deux Molières, "Le Roi Lear" d’André Engel pour la "scénographie" et la "lumière", presque deux prix en pléonasme, si ce n’est en stricte complémentarité technique.
Pour tous les autres (12), ce sera un seul Molière par pièce !... Ce qui en soi est une bonne stratégie de partage artistique, mais voilà néanmoins "Pygmalion", "Moins 2", "La sainte Catherine", "Moi aussi je suis Catherine Deneuve", parmi les incontestables succès critiques et publics de la saison en cours, quasiment réduits à la portion congrue du Palmarès.
Que dire par ailleurs du nouveau concept permettant d’accélérer les réjouissances de la soirée télévisée, en décernant "préventivement" certains prix de manière à n’en communiquer qu’une image enregistrée à l’avance ?
Et bien disons qu’un pataquès diplomatique a troqué au tout dernier moment le Molière du "spectacle musical" attribué initialement à "Un violon sur le toit" au bénéfice du superbissime "Le jazz et la diva" mais déplorons que Caroline Casadesus et Didier Lockwood aient été dissuadés en la circonstance de monter sur scène en raison de ce dispositif vidéo de susbtitution, les privant à coup sûr d’un triomphe d’applaudissements.
Encore un rendez-vous manqué se dit-on, mais tout cela n’est rien si l’on considère que la présence à Mogador de l’immense Catherine Samie en lice pour "Oh les beaux jours", alors que La doyenne de La Maison de Molière va devoir prochainement quitter ce statut de La Comédie-Française, n’aura même pas donné lieu à un Molière d’honneur au seuil de sa carrière... puisque la nouvelle organisation conjointe de l’APAT et de France 2 a purement et simplement supprimé ce genre d’hommage.
Bref, nous avons assisté à une cérémonie bien lisse, propre et condensée en 140 minutes dont la vraie révélation médiatique fut celle de la présentatrice Karine le Marchand qui effectua un sans faute consensuel sous la haute présidence de Jacques Weber.
Mais est-ce là vraiment l’image du spectacle "vivant" que ces séquences vidéo s’enchaînant entre deux "remerciements" pour nous démontrer que dans les dix-neuf précédentes éditions, le rire, la spontanéité et la gaieté étaient de la partie, alors même que le Molière du "spectacle comique" a désormais été exclu délibérément de la fête ?
Visuel : "Judith Magre" vue par Cat.S
LES MOLIERES avec Theothea.com
- Le Palmarès 2006 des XXèmes Molières
- Le score et nombre de Molières pour chaque pièce nominée
- Point de vue a priori
- Point de vue a posteriori
09:55 Publié dans Spectacle vivant | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Théâtre

Commentaires
Je sais que vous souteniez "le Jazz et la Diva" (fort bon spectacle d'ailleurs) pour la nomination du meilleur spectacle musical et je suppose que vous devez être très content.
Cependant, quel dommage que le "Violon sur le toit", qui devait recevoir ce Molière, a été évincé pour cause d'erreurs commises par le producteur...
Je ne comprend pas bien le jury des Molières: qui récompense-t-on ? Les artistes qui ont fait le spectacle ou le producteur ?
J'ai le sentiment qu'on a voulu casser le producteur sans même penser au fabuleux travail des comédiens/chanteurs/danseurs/musiciens.
J'ai eu le plaisir de voir ce merveilleux spectacle qui réunissait sur scène un grand nombre d'artistes: les voir prendre plaisir à jouer, à faire passer des émotions devant un public réjoui et unanime sans qu'ils en soient récompensés... c'est déroutant !
Leur ôter cette récompense c'est aussi ne pas encourager ce type de productions françaises indépendantes un peu "lourde" et plus confidentielle que les super-productions qui disposent d'une très large couverture publicitaire...
C'est d'autant plus étonnant que je me demande si cette déconvenue serait arrivée pour un César ou une Victoire de la Musique....
Bref ça sent le réglement de comptes et non pas l'objectivité ....
En tout cas moi je retournerai les voir en mai au Casino de Paris !
Ecrit par : Anne | 26.04.2006
suite à l'évolution des molières qui on peut le dire devient de plus en plus privée.
un coup de désolation est arrivée, c'est quand même idiot que ce soit ferméau public alors que c'est ce même public qui fait audience dans les salles de théâtre.
en plus les gens porteur des cartes molière ont droit à tous les acces gratuit pour assister aux spectacle, c'est du n'importe quoi et depuis quand on peut éprouver une critique honnête en regardant un spectacle sans avoir
investi le moindre argent.
nous avons remarqué que c'était juste pour se montrer, pour ainsi dire un abus de l'égoïsme de la personne.
en plus en voyant que les pièces présentées à cette soirée, n'ont pas été les plus assistées par le public qui débourse de l'argent pour voir des spectacles.
c'est quand même très décevant.
donc pour conclure et en finir c'est donc (les molières) une soirée entièrement privée avec des spectacles par forcément de très grande qualité qui malheureusement enferme le théâtre dans une forme individualisme et
descend la volonté du public.
nous doutons que molière lui-même faisant ses spectacles aurait pu penser que ceux-ci se referment et ferme les portes des critiques des spectateurs.
cordialement
un groupement de spectateur
Ecrit par : un groupement de spectateur | 26.04.2006
Les vingtièmes Molières (24 04 06) Hier soir, je défragmentais mon disque dur …. Alors, j’ai malencontreusement regardé la télé. Avant de lire un quelconque article sur la cérémonie telle qu’a diffusé la télé, je veux coucher ici mes impressions, mes humeurs personnelles afin de ne pas me sentir influencé et aussi ne pas me décourager de voir ce que d’autres disent mieux que moi. Dès les premières minutes, on ressent une ambiance à couper au couteau. Les visages sont fermés, crispés grippés. Les regards sont incertains et, pour certains, torves. Les gestes sont bafouillants et les célébrés hésitants. Les présentateurs en oublient même de donner les nommés et ne reviennent pas sur leur erreur pour au moins citer les oubliés. A moins que ça ait été coupé au montage pour éviter de trop s’appesantir sur ce cafouillage (?).
Certaines médailles ne sont pas données sur place, mais ont fait l’objet d’un enregistrement et d’une remise hors cérémonie. Je n’ai pas trop compris la raison de ce décalage, je ne peux l’expliquer que par le fait que les personnalités qui remettaient les statuettes ne pouvaient venir à la cérémonie car ne faisant pas partie du cénacle. Il y avait des mines, des regards qui en disaient long sur la haine que se vouent entre elles certaines personnes de la profession. Et puis on a eu droit aux duettistes : Sitruck et Schneider qui sans la moindre gêne se sont permis de se foutre de la gueule des rabbins et des marchands d’électro-ménager ! Pour ce qui est des heureux élus, leurs discours étaient fort semblables : « je tiens à remercier les techniciens et toute l’équipe car le théâtre n’est pas possible sans un travail d’équipe. » Il n’y en a que quelques uns qui ont dérogé. Judith Magre a prit des airs de stupéfaction qui duraient pendant de très longues minutes non convaincantes. Un qui a lu un plaidoyer pour le statu des intermittents du spectacle et le petit fils de charlot qui a reçu trois oscars. Lui, il avait l’air totalement et sincèrement surpris de ses récompense ! Et pour cause, il a reçu l’oscar du metteur en scène alors que son spectacle est une espèce de balai avec trois bout de tissus et une cabine d’essayage ! Je n’ai rien contre ce jeune homme, mais ses trois récompenses me paraissent un signe tout a fait désolant de la déliquescence de la maison de Molière, il n’y a donc rien de mieux que ce petit spectacle à trois personnes entièrement financé par l’état, donc par nous, et qui ne mène à rien ! Plus d’acteurs, plus d’auteurs ‘les auteurs nommés, on se demandait bien où ils étaient allé les chercher ?’ et plus de metteurs en scène ???????? Vraiment, ces gens marinent dans leur jus, c’est tout à fait lamentable, déplorable, minable !!!!
Encore tout un pan de notre société qui croule sous le joug des faiseurs de fric sans déontologie, sans amour de l’art, juste des marchands du temple et Molière, dans sa tombe, doit crier ‘à Judas’ !!!!!!
Ecrit par : Yfig1 | 26.04.2006
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